La rencontre ouverte entre Son Excellence Cheikh Fahd Al-Yousef, premier vice-président du Conseil des ministres et ministre de l’Intérieur du Koweït, et des représentants d’entreprises auprès de l’Autorité publique de la main-d’œuvre a mis en lumière plusieurs enjeux majeurs concernant les droits des travailleurs étrangers et les pratiques abusives de certaines entreprises sur le marché du travail koweïtien.
Les propos francs de Cheikh Fahd Al-Yousef ont notamment porté sur les retards de paiement des salaires, l’exploitation des travailleurs et la manipulation des données salariales, ainsi que sur les risques financiers potentiellement associés à certaines de ces pratiques. Ce sont des questions que nous avons déjà abordées dans nos précédents écrits, compte tenu de leurs conséquences humaines et économiques.
Selon les données publiées par l’Autorité publique de la main-d’œuvre, jusqu’en juin 2026, les dossiers de 8 849 entreprises ont été suspendus pour non-respect des exigences relatives au paiement des salaires, sur un total de 48 408 dossiers concernant des entreprises employant au moins cinq travailleurs. Le taux de conformité en matière de paiement des salaires a par ailleurs atteint 75,6 % en juillet 2026, contre 38,7 % au cours du même mois en 2025.
Ces chiffres soulignent l’importance de maintenir une surveillance rigoureuse et d’appliquer la loi afin de garantir que les travailleurs reçoivent leurs salaires à temps et ne soient pas victimes d’exploitation ou privés de leur rémunération pendant de longues périodes.
La rencontre a également mis en évidence les risques liés à la manipulation des registres de paie et à l’utilisation de données inexactes dans le cadre de transactions financières suspectes. Des articles de presse ont notamment évoqué des écarts importants entre les salaires déclarés et les sommes réellement versées aux travailleurs, ainsi que des opérations financières nécessitant des vérifications et des enquêtes par les autorités compétentes.
La lutte contre ces pratiques ne protège pas uniquement les droits des travailleurs. Elle contribue également à préserver la réputation du Koweït en tant qu’État attaché à la justice, aux valeurs humanitaires et au respect de la loi.
Un autre point important soulevé par Cheikh Fahd Al-Yousef concerne la nécessité d’ouvrir davantage de possibilités d’emploi aux jeunes Koweïtiens et de leur offrir une formation adaptée aux besoins du marché du travail. Il a également rappelé que lorsqu’une entreprise ne souhaite plus conserver un travailleur étranger, elle doit lui verser l’intégralité de ses droits et lui permettre de retourner dans son pays dans la dignité.
Les travailleurs étrangers viennent chercher des moyens de subsistance et laissent derrière eux leurs familles et leurs pays dans l’espoir d’une vie meilleure. Il est inacceptable qu’ils travaillent sans être payés ou qu’ils subissent les conséquences des infractions commises par certains employeurs.
La lutte contre le phénomène des travailleurs en situation irrégulière et contre le commerce des permis de séjour exige également de s’attaquer aux causes du problème, de sanctionner les contrevenants et de protéger les travailleurs contre l’exploitation, plutôt que de se limiter à traiter les conséquences une fois la situation aggravée.
Dans ce contexte, les systèmes de protection des salaires et les transferts électroniques constituent des outils importants pour renforcer la transparence et surveiller le respect des obligations salariales des entreprises. Leur efficacité dépend toutefois de leur application concrète, du traitement rapide des plaintes et de la sanction des infractions établies.
Nous adressons nos remerciements et notre reconnaissance à Son Excellence Cheikh Fahd Al-Yousef pour son engagement envers ce dossier et la clarté de sa position face aux abus. Nous remercions également le directeur général de l’Autorité publique de la main-d’œuvre et ses responsables pour leurs efforts en faveur de la protection des travailleurs et de l’application de la loi.
Nous tenons également à saluer les entreprises respectueuses de leurs obligations, qui versent les salaires de leurs employés avec intégrité et respectent pleinement leurs droits. Elles méritent soutien et reconnaissance.
La protection des travailleurs, la lutte contre les manipulations salariales et la prévention du blanchiment d’argent sont des responsabilités communes qui exigent une surveillance continue et l’application de la loi à tous, sans exception.
La justice ne peut être pleinement réalisée que lorsque chaque personne obtient les droits qui lui reviennent, et la dignité humaine doit toujours rester une priorité.
Que Dieu nous assiste.
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