Canada et l’Union européenne.. un partenariat stratégique qui dépasse les États-Unis vers la diversification du commerce et l’attraction des investissements industriels

Écrit par : Dr Hany Khater

L’ouverture sur l’Europe et les marchés mondiaux est une nécessité pour renforcer l’indépendance de la décision économique canadienne élargir les exportations attirer les technologies et les investissements et consolider le slogan « Fabriqué au Canada »

La diversification des relations commerciales et économiques n’est plus une option secondaire pour le Canada mais elle est devenue une nécessité stratégique imposée par les transformations rapides de l’économie mondiale et par les fluctuations et les défis que connaissent les relations commerciales internationales. Un pays dont le commerce est fortement lié à un seul marché reste davantage exposé à l’impact des décisions économiques et politiques prises par ce marché quelle que soit la puissance de son économie ou la diversité de ses ressources.

C’est dans ce contexte que ressort l’importance de renforcer le partenariat canado-européen et de s’ouvrir à de nouveaux marchés en Europe en Asie en Amérique latine et ailleurs ce qui donnerait au Canada une marge de manœuvre économique plus large et ouvrirait à ses entreprises des possibilités supplémentaires d’exportation et d’importation tout en renforçant sa capacité à attirer les investissements industriels et à transférer les technologies modernes.

L’avenir de l’économie canadienne ne devrait pas être fondé sur le remplacement de la dépendance envers les États-Unis par une dépendance envers l’Europe mais plutôt sur la mise en place d’un vaste réseau équilibré de relations commerciales et d’investissement qui rende le Canada plus capable de faire face aux crises et de tirer davantage profit des possibilités offertes par l’économie mondiale.

Proposition d’un statut de membre associé… une étape vers un nouveau partenariat européen

Les relations canado-européennes ont connu une évolution remarquable en septembre 2026 après que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé l’idée d’accorder au Canada le statut de « membre associé » de l’Union européenne dans le cadre d’une nouvelle formule qui n’a jamais été appliquée auparavant et dont la nature juridique et politique doit encore être définie. Le premier ministre canadien Mark Carney a accueilli favorablement l’approfondissement de la coopération avec l’Europe tout en soulignant que le Canada ne cherche pas à adhérer pleinement à l’Union européenne mais plutôt à construire un partenariat stratégique plus large couvrant le commerce la défense l’énergie la recherche scientifique et l’éducation.

Il convient ici de distinguer ce qui est proposé de ce qui a effectivement été réalisé ; jusqu’à présent cette proposition ne signifie pas que le Canada est devenu membre honoraire ou membre associé officiel de l’Union européenne pas plus que la nature du statut proposé ses conditions et ses prérogatives n’ont été définitivement établies. Toutefois l’importance de cette idée dépasse sa dénomination car elle ouvre la voie à un débat plus large sur l’avenir des relations économiques entre le Canada et l’Europe et sur la possibilité de construire un modèle de coopération offrant des intérêts mutuels aux deux parties sans nécessiter l’adhésion du Canada à l’Union dans son cadre juridique actuel.

Premièrement : pourquoi le Canada a-t-il besoin de diversifier ses relations commerciales ?

Le Canada et les États-Unis entretiennent des relations économiques profondes qui s’étendent au commerce à l’industrie à l’énergie aux chaînes d’approvisionnement et aux investissements. Cette interconnexion a contribué à la construction d’un marché continental intégré mais elle a également rendu l’économie canadienne fortement sensible aux changements qui affectent les relations commerciales avec Washington. Des estimations publiées sur le commerce canadien indiquent que les États-Unis absorbent environ 72 % des exportations canadiennes ce qui montre l’ampleur de la concentration commerciale et l’importance de diversifier les marchés pour l’économie canadienne. Cette réalité ne signifie pas que le Canada doit abandonner les États-Unis ou entrer dans une confrontation économique avec eux car le marché américain demeure un partenaire essentiel en raison de la géographie et de l’intégration industrielle et commerciale.

Mais une dépendance excessive à l’égard d’un seul marché constitue un point de vulnérabilité stratégique particulièrement lorsque les droits de douane les politiques commerciales les règles d’origine ou les conditions d’accès aux marchés évoluent. Dès lors le Canada doit considérer la diversification du commerce comme faisant partie de sa sécurité économique et non comme une simple réponse temporaire à un différend politique ou commercial. Chaque nouveau marché ouvert aux produits canadiens constitue une possibilité supplémentaire chaque fournisseur alternatif réduit les risques de perturbation des approvisionnements et chaque nouvel accord d’investissement offre aux entreprises canadiennes une marge de croissance et d’expansion plus importante.

Deuxièmement : l’Europe.. un vaste marché et des possibilités réciproques

L’Europe représente un espace important pour le Canada afin d’élargir son commerce non seulement en raison de la taille du marché européen mais également en raison de la diversité de ses économies et de leurs besoins industriels et technologiques. L’Europe compte des économies avancées dans les domaines de l’ingénierie automobile des énergies renouvelables des produits pharmaceutiques des équipements médicaux des télécommunications et des technologies numériques. De son côté le Canada dispose d’importantes ressources naturelles de secteurs industriels et de compétences scientifiques ainsi que de capacités dans l’énergie les minéraux critiques les produits agricoles et la technologie.

Cette complémentarité ouvre des possibilités de coopération dans plusieurs directions :

  • Augmenter les exportations canadiennes de produits agricoles et alimentaires d’énergie de minerais et de produits industriels.
  • Accroître les importations d’équipements de machines et de technologies européennes dont les usines canadiennes ont besoin.
  • Développer des projets communs dans les énergies propres les batteries et les minéraux critiques.
  • Élargir la coopération dans l’intelligence artificielle la recherche scientifique et les industries avancées.
  • Encourager les entreprises européennes à établir des usines et des centres de production au Canada.

La relation ne devrait pas se limiter à acheter des produits européens et à leur vendre des matières premières mais devrait évoluer vers une relation de production d’investissement et de transfert de connaissances qui génère une valeur ajoutée pour l’économie canadienne.

Troisièmement : de l’importation à la construction d’une base industrielle canadienne

L’un des principaux défis auxquels le Canada est confronté consiste à savoir comment tirer parti de l’ouverture commerciale pour développer ses capacités de production nationales. L’importation de technologies ne devrait pas être une fin en soi mais un moyen de construire une industrie nationale plus avancée et plus compétitive. Lorsque le Canada importe une machine industrielle de pointe le véritable bénéfice ne se limite pas à la possession de cette machine mais s’étend à la formation de la main-d’œuvre canadienne à son utilisation et à sa maintenance au développement des ingénieurs locaux à la création de centres de recherche et développement puis à la transition progressive vers la fabrication de certaines de ses pièces ou la production d’alternatives locales.

Cela nécessite une politique industrielle claire fondée sur l’attraction d’investissements qui créent de véritables usines dans le pays et non de ceux qui se limitent à distribuer ou commercialiser des produits importés. Les accords d’investissement devraient également inclure lorsque cela est possible et conformément aux lois et aux obligations commerciales des programmes de formation de transfert de connaissances de développement des fournisseurs locaux et d’augmentation de la composante canadienne dans la production.

L’objectif est de passer d’un Canada qui importe les technologies à un Canada capable de les développer de les produire et de les exporter

Quatrièmement : mettre en avant le slogan « Fabriqué au Canada »

Le renforcement du slogan « Fabriqué au Canada » doit être un projet économique intégré et non simplement une campagne publicitaire visant à encourager l’achat de produits locaux. L’industrie nationale a besoin d’investissements à long terme d’infrastructures adaptées d’une énergie à des prix compétitifs d’une main-d’œuvre qualifiée de facilités de financement et de politiques stables qui encouragent les entreprises à se développer.

Elle a également besoin de relier les universités et les centres de recherche aux usines afin que les innovations scientifiques deviennent des produits pouvant être fabriqués commercialisés et exportés. Le partenariat européen peut contribuer à cette démarche en attirant des entreprises disposant de technologies industrielles avancées et en les encourageant à établir des lignes de production au Canada plutôt que de se limiter à y exporter leurs produits.

Parmi les domaines qui peuvent bénéficier de cette orientation :

Industries de l’ingénierie et machines
Attirer des usines d’équipements industriels de robotique et de technologies de fabrication intelligente et développer des chaînes d’approvisionnement locales.

Véhicules électriques et batteries
Élargir la fabrication locale de composants et de batteries et relier les ressources minérales canadiennes aux industries de transformation.

Énergie et technologies propres
Développer la fabrication de composants pour les énergies renouvelables et d’équipements d’efficacité énergétique et tirer parti de l’expertise européenne.

Produits pharmaceutiques et équipements médicaux
Soutenir la production locale et élargir la recherche et le développement et réduire les risques liés à la dépendance envers des sources limitées pour les produits biologiques.

Semi-conducteurs et électronique avancée
Développer davantage les capacités canadiennes de fabrication de puces électroniques de composants de précision de capteurs et de circuits avancés utilisés dans les automobiles les télécommunications et les industries technologiques modernes.

Aéronautique et composants aéronautiques
Élargir la fabrication de composants d’avions de moteurs de systèmes électroniques et d’équipements liés à l’aviation et tirer parti de l’expertise européenne en ingénierie aéronautique et dans les industries aérospatiales.

Chemins de fer et équipements de transport public
Attirer des investissements européens dans la fabrication de trains de voitures de métro de tramways de systèmes de signalisation et de contrôle et de composants d’ingénierie nécessaires au développement du transport collectif au Canada.

Équipements de télécommunications et réseaux numériques
Développer la fabrication d’équipements de réseaux de télécommunications de fibres optiques de centres de données et de composants liés aux infrastructures numériques afin de réduire la dépendance aux importations dans les secteurs stratégiques.

Équipements de construction et de construction avancée
Créer ou élargir la fabrication de machines et d’équipements lourds d’équipements de construction de systèmes de construction préfabriquée et de composants d’ingénierie modernes utilisés dans les projets de logement et d’infrastructure.

Industries alimentaires et transformation des aliments
Élargir la fabrication d’équipements pour l’industrie alimentaire d’emballages et de conservation des aliments et transformer les produits agricoles canadiens en produits à valeur ajoutée plutôt que de dépendre de l’importation d’une partie des produits transformés.

Produits chimiques industriels et matériaux avancés
Attirer des industries produisant des produits chimiques industriels des matériaux composites et des matériaux avancés utilisés dans l’aéronautique l’automobile l’énergie la construction et les industries technologiques.

Équipements miniers et traitement des minerais
Tirer parti des richesses minérales canadiennes pour créer une industrie locale produisant des équipements miniers de forage et de traitement des minerais plutôt que d’exporter les matières premières et d’importer une partie des équipements et des technologies associés.

Robotique et automatisation industrielle
Créer une base de fabrication et de développement de robots industriels de systèmes d’automatisation et d’intelligence artificielle destinés aux usines aux mines à l’énergie et à la logistique.

Technologies agricoles et équipements agricoles intelligents
Développer la fabrication d’équipements agricoles modernes de drones de capteurs de systèmes d’agriculture de précision et d’intelligence artificielle utilisés dans la gestion des cultures et de l’élevage.

Industries maritimes et construction navale
Élargir la fabrication de navires d’équipements maritimes de moteurs de systèmes électroniques de navires de service et d’équipements liés à l’énergie maritime en tirant parti de la situation géographique du Canada et de l’étendue de ses côtes.

Recyclage des batteries et des métaux et technologies circulaires
Créer une industrie avancée de recyclage des batteries d’extraction des métaux à partir des produits usagés et de réintroduction de ces matériaux dans les chaînes de production locales afin de renforcer la sécurité des matières premières et de réduire les coûts de production.

Biens de consommation et industries légères
Élargir la base de production locale au Canada pour inclure une vaste gamme de biens de consommation dont le marché canadien dépend des importations à des degrés variables.

Textiles et vêtements
Développer une industrie canadienne des vêtements des textiles et des produits textiles spécialisés notamment les vêtements prêts-à-porter les vêtements d’hiver les vêtements professionnels et de protection ainsi que les textiles techniques en tirant parti de la technologie et de l’expertise européennes dans la conception et la fabrication.

Chaussures et produits en cuir
Relancer et élargir la fabrication de chaussures de sacs de produits en cuir et de produits de substitution au cuir au Canada et ouvrir la voie aux marques européennes pour établir des usines ou des centres de production locaux.

Mobilier et ameublement
Accroître la fabrication de meubles résidentiels et de bureau de cuisines de mobilier de literie et d’autres produits liés au logement et aux bureaux tout en développant la conception et la production locales.

Appareils et articles ménagers
Attirer des entreprises européennes pour produire des petits appareils ménagers des équipements de cuisine des produits de nettoyage de rangement et d’autres biens utilisés quotidiennement.

Produits de soins personnels et cosmétiques
Élargir la fabrication locale de cosmétiques de produits de soins de la peau et des cheveux de parfums et de produits d’hygiène personnelle tout en encourageant la recherche le développement et la production au Canada.

Jouets et produits pour enfants
Développer une industrie locale de jouets de mobilier de produits éducatifs et de produits pour enfants afin de réduire la dépendance aux importations et d’ouvrir la voie aux entreprises européennes souhaitant accéder au marché canadien.

Papier emballage et produits de consommation durables
Développer la fabrication de produits d’emballage de contenants en papier de matériaux recyclables et de produits ménagers durables en tirant parti des ressources canadiennes et de la technologie européenne.

Produits sportifs et de loisirs
Attirer des industries spécialisées dans les vêtements et équipements sportifs les équipements pour activités de plein air le camping et les sports d’hiver qui correspondent particulièrement aux caractéristiques du marché canadien.

Produits ménagers en plastique et en caoutchouc
Élargir la fabrication d’articles ménagers de contenants de rangement de produits en plastique et en caoutchouc et de produits utilisés dans les maisons les bureaux les services et l’industrie.

Outils électriques et électroniques grand public
Encourager la fabrication et l’assemblage d’une gamme d’appareils et d’outils électroniques et électriques grand public ainsi que de leurs composants au Canada tout en développant les chaînes d’approvisionnement locales.

Matériaux de construction et équipements résidentiels
Élargir la production de portes de fenêtres de revêtements de sol d’équipements sanitaires d’équipements de cuisine et de salle de bains d’isolation et de matériaux utilisés dans la construction et la rénovation des logements.

Produits en papier et produits ménagers courants
Développer la production de mouchoirs de produits en papier d’emballages et de produits ménagers courants en tirant parti des ressources naturelles canadiennes et en augmentant la valeur ajoutée au sein de l’économie locale.

Industries liées à l’économie verte
Développer des produits de consommation réutilisables recyclables et à faibles émissions ainsi que des technologies d’emballage durable et des matériaux de substitution au plastique traditionnel.

Cela ne signifie pas que chaque produit doit être fabriqué localement quel qu’en soit le coût mais qu’il faut identifier les industries qui apportent au Canada une véritable valeur ajoutée créent des emplois de qualité augmentent sa capacité d’exportation et renforcent sa sécurité économique.

Cinquièmement : la multiplicité des débouchés commerciaux.. une nécessité et non un luxe

La diversification du commerce ne se réalise pas simplement par la signature de nouveaux accords mais nécessite la construction d’un système intégré de marchés de ports de réseaux de transport et de services logistiques. Si le Canada souhaite accroître ses exportations vers l’Europe il doit développer ses capacités dans le transport maritime et ferroviaire améliorer ses ports et ses chaînes du froid pour les produits alimentaires faciliter les procédures douanières et soutenir les petites et moyennes entreprises dans leur accès aux marchés étrangers. La diversification des importations doit également inclure les matières premières les composants industriels les machines et les produits intermédiaires afin que les usines canadiennes ne s’arrêtent pas en cas de crise dans un seul pays ou une seule région.

Le Canada peut œuvrer à élargir ses relations avec :

  • L’Union européenne et le Royaume-Uni.
  • L’Égypte et plusieurs pays africains.
  • Les pays d’Asie-Pacifique.
  • Les économies industrielles d’Asie de l’Est.
  • Les marchés émergents d’Amérique latine.
  • Les partenaires commerciaux d’autres régions du monde.

Cette expansion doit reposer sur des études de faisabilité et une évaluation des coûts de transport des droits de douane et une compréhension des normes réglementaires et non simplement sur la volonté d’ouvrir de nouveaux marchés.

Une diversification réussie est celle qui crée des alternatives commerciales durables et non simplement des accords qui restent lettre morte.

Sixièmement : l’accord commercial canado-européen.. construire sur l’existant

Le Canada et l’Europe ne partent pas de zéro car il existe déjà l’Accord économique et commercial global connu sous le nom de « CETA » qui fournit un cadre pour le commerce et l’investissement entre les deux parties. Le volume des échanges bilatéraux aurait augmenté de 81 % entre 2016 et 2025 selon une analyse publiée par Reuters tout en soulignant que l’impact économique global est resté limité par rapport à l’ampleur des ambitions proposées. Cela signifie que la question ne concerne pas seulement la conclusion de nouveaux accords mais également l’amélioration de la mise en œuvre des accords existants la suppression des obstacles pour les entreprises et l’achèvement des procédures de ratification qui restent en suspens dans certains pays européens.

Des réserves européennes ont déjà été exprimées concernant l’idée d’un statut de membre associé avec des appels à se concentrer sur l’application des accords existants et à élargir la coopération dans les domaines où des progrès peuvent être réalisés. Ainsi toute nouvelle formule de relation doit présenter des avantages pratiques clairs définir les obligations et les prérogatives et ne pas se limiter à une dénomination politique attrayante sans contenu économique réalisable.

Septièmement : attirer les investissements européens au Canada

Attirer les investissements industriels européens doit être l’un des principaux objectifs de tout nouveau partenariat stratégique. Au lieu de limiter la relation à une augmentation des flux de produits européens vers le marché canadien il est possible d’encourager les entreprises européennes à établir des usines des centres de développement et des centres de recherche au Canada. Cela nécessite un environnement d’investissement stable des procédures d’autorisation plus claires une coordination entre le gouvernement fédéral et les provinces ainsi que la mise à disposition de terrains industriels d’énergie d’infrastructures et de personnel qualifié.

Les incitations gouvernementales devraient également être orientées vers les projets qui offrent une valeur économique à long terme tels que :

  1. La création de nouvelles usines au Canada.
  2. La formation de la main-d’œuvre et le transfert de compétences techniques.
  3. Le développement des fournisseurs et des petites et moyennes entreprises canadiennes.
  4. La création de centres communs de recherche et développement.
  5. L’augmentation des exportations canadiennes issues de la production locale.

En contrepartie chaque projet devrait être évalué en fonction de son coût de son rendement économique du nombre d’emplois qu’il crée de sa durabilité et de son impact sur la concurrence et l’environnement. L’investissement étranger n’est pas un objectif indépendant du développement mais un outil qui doit contribuer à la construction de l’économie locale.

Huitièmement : l’équilibre économique ne signifie pas une rupture avec Washington

Il est important de souligner que le rapprochement avec l’Europe ne devrait pas être interprété comme un abandon des États-Unis ou comme une tentative de remplacer un partenaire par un autre. Le Canada et les États-Unis sont liés par une longue frontière géographique des chaînes de production intégrées et une vaste coopération dans des secteurs essentiels. Il est difficile et pas nécessairement bénéfique de séparer l’économie canadienne de cette interconnexion. Toutefois le Canada a le droit et l’intérêt économique d’élargir ses options et de travailler à réduire les risques liés à la concentration commerciale.

L’équilibre recherché consiste à permettre au Canada de continuer à commercer avec les États-Unis tout en augmentant son commerce avec l’Europe l’Asie et l’Amérique latine afin de lui permettre de négocier à partir d’une position plus diversifiée et d’offrir à ses entreprises davantage de possibilités de croissance. La multiplicité des partenaires ne signifie pas l’hostilité envers un partenaire particulier mais signifie disposer d’options plus larges et réduire la probabilité d’être exposé à une crise économique en raison d’un changement de politique sur un seul marché.

Neuvièmement : les défis qui doivent être abordés avec réalisme

Malgré les possibilités offertes l’élargissement du partenariat canado-européen ne sera ni simple ni rapide. Le commerce transatlantique fait face aux coûts de transport aux longues distances aux différences dans certaines normes réglementaires à la concurrence entre les industries ainsi qu’aux complexités juridiques et politiques entourant toute nouvelle formule de relation. En outre l’élargissement de l’accès aux marchés européens peut nécessiter des entreprises canadiennes qu’elles s’adaptent à des normes techniques environnementales et réglementaires différentes ce qui peut entraîner des coûts supplémentaires notamment pour les petites entreprises.

D’autre part attirer des usines européennes au Canada nécessite de garantir la stabilité des politiques la disponibilité de la main-d’œuvre les coûts de l’énergie et la facilité d’accès aux marchés. Le succès ne se mesure donc pas au nombre d’accords signés ou de réunions organisées mais à la mesure dans laquelle ces ententes se transforment en investissements réels en une augmentation durable des exportations en une hausse de la productivité et en la création d’emplois à valeur ajoutée.

Conclusion : le Canada face à une occasion de reconstruire son équilibre économique

La discussion sur l’octroi au Canada d’un statut de membre associé de l’Union européenne quelle que soit la forme que prendront les négociations ouvre un débat important sur l’avenir de l’économie canadienne et sa place dans un monde où les équilibres commerciaux et d’investissement évoluent. Mais l’essentiel de la question ne réside pas uniquement dans la dénomination mais dans la capacité du Canada à transformer le rapprochement politique en gains économiques concrets.

Il s’agit d’élargir les marchés d’exportation de diversifier les sources d’importation d’attirer les investissements industriels d’importer des technologies dans le but de les localiser et de les développer et de renforcer les industries nationales sous le slogan « Fabriqué au Canada ». Le Canada ne devrait pas se contenter de jouer le rôle de fournisseur de matières premières ou de consommateur de produits fabriqués à l’étranger mais chercher à construire une économie qui produit innove exporte et tire parti de ses relations internationales pour développer ses capacités internes.

Le Canada n’a pas besoin d’abandonner les États-Unis mais plutôt d’abandonner l’idée de dépendre d’un seul pays comme principal débouché pour son commerce et son avenir économique. Plus les marchés les partenaires les sources de technologie et d’investissement sont nombreux plus la capacité du Canada à protéger ses intérêts à élargir les possibilités d’emploi et à parvenir à un équilibre économique plus durable augmente. Le véritable enjeu ne repose pas uniquement sur l’Europe mais sur un Canada capable de s’ouvrir au monde entier tout en préservant ses intérêts nationaux et en construisant une base industrielle solide faisant de l’expression « Fabriqué au Canada » un symbole de production de technologie et de compétitivité sur les marchés mondiaux.


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HANY KHATER

Le Dr Hany Khater est titulaire d'un doctorat en tourisme et hôtellerie ainsi que d'une licence en journalisme et médias. Il occupe actuellement le poste de président du Forum international pour le journalisme et les médias. Il a également précédemment dirigé le bureau canadien de l'Union internationale de la presse arabe et assuré la rédaction en chef du site de l'Union, aux côtés de plusieurs autres plateformes médiatiques. Le Dr Hany Khater possède une vaste expérience dans le domaine du journalisme et des médias et travaille comme journaliste et auteur, s'intéressant aux questions de corruption, de droits de l'homme et de libertés publiques. Ses travaux se concentrent sur les questions touchant les sociétés arabes, notamment la justice sociale et les droits civils. Au cours de sa carrière professionnelle, il a publié de nombreux articles et enquêtes portant sur les questions des droits de l'homme et les violations touchant les libertés publiques, ainsi que sur les questions de corruption. Son style se distingue par son audace, sa clarté et son souci d'aborder les questions avec professionnalisme et transparence, contribuant ainsi à renforcer la sensibilisation de la société. Le Dr Hany Khater est convaincu que le journalisme représente une force influente dans la formation de la conscience et la lutte contre la corruption, l'injustice et les violations. Il estime également que des médias responsables contribuent à renforcer la pensée critique, à soutenir les valeurs de justice et de liberté et à construire des sociétés plus équitables.

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