Par Prof. Dr Omar Ali Al-Harash

La Syrie traverse actuellement une phase de transition très sensible et extrêmement critique dans son histoire contemporaine, à la suite de la chute du régime de Bachar Al-Assad à la fin de l’année 2024. Le pays est actuellement dirigé par un gouvernement de transition présidé par Ahmad Al-Charaa, qui s’efforce de reconstruire les institutions de l’État, d’intégrer les factions armées et de parvenir à une réconciliation nationale, dans un contexte marqué par d’immenses défis sécuritaires et économiques.

Voici un aperçu détaillé de la situation actuelle concernant les récentes opérations terroristes, leurs soutiens et leurs bénéficiaires :

1. Que se passe-t-il actuellement en Syrie ? (La situation sécuritaire et politique)

Malgré l’existence de signes de progrès, tels que la levée de certaines sanctions internationales (comme la loi américaine César) et la diminution de l’intensité des affrontements généralisés, la situation demeure extrêmement fragile et connaît les évolutions suivantes :

Les récents attentats à Damas : La capitale Damas a récemment été touchée par des explosions à l’aide d’engins explosifs (dont une explosion près du ministère de la Justice et de l’hôtel Four Seasons), qui ont coïncidé avec la visite historique du président français Emmanuel Macron à Damas. Les autorités syriennes ont officiellement annoncé l’arrestation d’une cellule de sabotage responsable de ces explosions.

L’activité des organisations extrémistes : L’organisation « Daech » et ses cellules dormantes continuent de représenter une menace sécuritaire majeure. L’organisation a revendiqué ou a été associée à des attaques visant des patrouilles militaires (comme l’attaque récente près de Palmyre ayant ciblé une patrouille américano-syrienne conjointe).

Les tensions confessionnelles et régionales : Des actes de violence, des agressions à caractère confessionnel et des règlements de comptes ont lieu dans certaines provinces, notamment à Homs et Hama, en plus des tensions persistantes dans le nord et l’est entre l’armée syrienne et les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Les violations israéliennes : La Syrie fait face à des défis concernant sa souveraineté dans le sud, en raison des incursions, des frappes israéliennes continues et des violations des lignes de cessez-le-feu.

2. Qui soutient les récentes opérations terroristes ?

Selon les premières enquêtes annoncées par le ministère syrien de l’Intérieur et les rapports internationaux, les parties responsables de ces opérations se divisent en :

Daech et les cellules extrémistes : Les responsables sécuritaires à Damas ont indiqué que la cellule ayant exécuté les récents attentats de Damas était liée à Daech. Cette organisation repose sur une idéologie extrémiste locale et transnationale et exploite des réseaux de contrebande, des financements autonomes ou clandestins via Internet, ainsi que des zones désertiques isolées pour financer ses opérations.

Des parties cherchant à déstabiliser la situation (soutiens indirects) : Historiquement, des agendas de renseignement régionaux et internationaux se sont croisés dans le contexte syrien. Les enquêtes syriennes continuent d’examiner les liens extérieurs de ces cellules, alors que des observateurs estiment que certaines puissances régionales ou factions extrémistes, dont les intérêts ont été affectés par la chute de l’ancien régime et l’émergence d’une autorité de transition modérée cherchant à s’ouvrir à la communauté internationale et à mener une réconciliation globale, pourraient avoir intérêt à fragiliser la stabilité du pays.

3. Qui profite de ces opérations terroristes ?

Les bénéficiaires actuels de la déstabilisation de la Syrie sont les parties qui considèrent que la réussite de la phase de transition représente une menace pour leur existence ou leurs agendas :

Daech et les organisations extrémistes : Le principal bénéficiaire, car le chaos et l’absence de sécurité constituent le seul environnement favorable permettant à ces organisations de se réorganiser, de s’étendre et de reprendre le contrôle, en exploitant les failles sécuritaires ou les divisions confessionnelles.

Les forces opposées à l’ouverture syro-internationale : Les explosions qui ont coïncidé avec la visite du président français Emmanuel Macron visaient clairement à envoyer un message à la communauté internationale selon lequel « la Syrie n’est pas sûre », afin de faire échouer les efforts du gouvernement de transition visant à mettre fin à l’isolement international, rétablir les relations diplomatiques et attirer les investissements pour la reconstruction. Ainsi, les parties affectées par la reconnaissance internationale de la nouvelle autorité sont des bénéficiaires indirects de ces attaques.

Les profiteurs de guerre et les réseaux criminels organisés : L’absence d’une autorité centrale forte fondée sur l’État de droit profite aux réseaux de contrebande, aux opérations d’enlèvement contre rançon et à ceux qui s’emparent illégalement de biens immobiliers et de terres, dont les activités prospèrent dans un climat de peur et d’instabilité sécuritaire.


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