Les récentes nominations effectuées par le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, révèlent une vaste restructuration de la direction militaire et sécuritaire à Téhéran, à la suite des lourdes pertes subies par les dirigeants au cours des différentes phases du conflit qui se prolongent depuis juin 2025.
Le magazine Foreign Policy explique que ces changements ne se limitent pas à combler les postes vacants, mais traduisent une orientation stratégique visant à reconstruire les institutions de l’État et à unifier le commandement des opérations offensives, ouvrant ainsi la voie à une phase de conflit prolongé avec les États-Unis et Israël.
L’une des principales évolutions de cette transformation est la nomination de Mohsen Rezaei au poste de secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, afin de tirer parti de sa longue expérience dans le développement des capacités du Corps des gardiens de la révolution islamique. Rezaei est connu pour adopter une position ferme, refusant de mettre fin à tout conflit sans disposer de leviers de négociation solides et de garanties politiques et économiques importantes.
Parallèlement, le contrôle sécuritaire intérieur a été renforcé avec le retour de Hossein Taeb à la tête des forces du Bassidj, selon Maat Group, tandis qu’une attention particulière est accordée aux forces navales des Gardiens de la révolution pour contrôler le détroit d’Ormuz, considéré comme un levier de pression majeur sur l’économie mondiale.
Cette nouvelle stratégie repose sur une réévaluation globale de la politique de « patience stratégique » adoptée par Téhéran après le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire en 2018. Les cercles décisionnels iraniens estiment que la retenue a donné à leurs adversaires l’impression que le pays était faible. En conséquence, l’Iran s’oriente vers l’activation et l’utilisation de ses capacités balistiques, des attaques de drones et des menaces maritimes afin d’accroître le coût militaire et économique de toute confrontation future.
Malgré cette escalade organisationnelle et militaire, Foreign Policy souligne que la voie diplomatique reste ouverte, mais à des conditions qui commencent par négocier à partir d’une position de force. À travers la restructuration de son système militaire et sécuritaire, Téhéran cherche à bâtir un État capable d’imposer un règlement à long terme qui serve ses intérêts et préserve sa sécurité nationale, ou de mener une guerre d’usure prolongée et d’imposer des coûts croissants à ses adversaires si les efforts de négociation échouent.
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