Le Liban et Israël doivent entamer, mardi à Washington, un cinquième cycle de discussions directes, alors que Beyrouth reste attaché à la poursuite des négociations, malgré ce que des sources décrivent comme l’influence croissante des ententes américano-iraniennes sur le processus de négociation, ce qui aurait affaibli la position de l’État libanais.
Des responsables libanais affirment que les discussions directes avec Israël constituent la seule voie pour mettre fin à la guerre en cours depuis le 2 mars.
Quatre cycles précédents de négociations libano-israéliennes, entamés en avril, n’ont pas permis de parvenir à un cessez-le-feu durable.
Par ailleurs, cette semaine a connu la plus longue période de calme depuis le début des affrontements, à la suite d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran prévoyant la cessation des combats sur tous les fronts, y compris au Liban.
Selon un responsable libanais et des responsables étrangers impliqués dans le dossier libanais cités par Reuters, l’accord américano-iranien a renforcé le Hezbollah, soutenu par Téhéran, et a déplacé les équilibres en défaveur de l’État libanais, le plaçant dans la position la plus fragile à ce jour, tout en soulevant des interrogations sur l’utilité de ce nouveau cycle de pourparlers.
Le responsable libanais a exprimé son scepticisme quant à la possibilité que ces discussions, prévues pour durer trois jours, aboutissent à des résultats concrets, déclarant : « Il existe toujours un problème fondamental de confiance entre nous et les Israéliens dans ces discussions. Nous ne pouvons pas répondre à leurs demandes, et ils rejettent toutes les nôtres. »
Il a ajouté que le Liban cherchera à obtenir un calendrier « raisonnable » pour le retrait des forces israéliennes du sud du pays, l’un des principaux objectifs de Beyrouth, bien que des responsables israéliens affirment que leurs troupes resteront indéfiniment dans le sud du Liban.
« C’est notre seule opportunité de donner une dynamique à ces négociations et à ce conflit avec l’Iran », a-t-il déclaré.
De son côté, Israël considère que ces nouvelles discussions visent à « désarmer le Hezbollah et parvenir à un véritable accord de paix » avec le Liban, selon le porte-parole du gouvernement israélien David Mencer, à la veille de ce nouveau cycle.
Mencer a affirmé que le Hezbollah constitue le seul obstacle à un accord avec le Liban, ajoutant : « C’est pourquoi nous pensons qu’il doit être désarmé et démantelé. »
Le gouvernement libanais adopte une approche prudente concernant la question du désarmement du Hezbollah depuis 2025, craignant qu’une action directe contre le mouvement ne déclenche un conflit interne.
De son côté, le Hezbollah refuse de renoncer totalement à ses armes, tandis que le gouvernement libanais appelle à éviter des négociations directes avec Israël.
La chaîne publique israélienne Kan a indiqué que ce nouveau cycle de pourparlers débutera mardi, avec pour objectif de préciser les premiers détails du retrait des forces israéliennes du sud du Liban dans le cadre d’un projet pilote de l’armée libanaise.
Les discussions se dérouleront selon une formule similaire, sous médiation américaine, en présence des ambassadeurs d’Israël et du Liban, ainsi que de trois officiers de grade de général de brigade.
Des responsables israéliens ont déclaré à Kan que l’une des hypothèses étudiées prévoit la possibilité que l’armée israélienne soit amenée, sur décision américaine, à se retirer progressivement de certaines zones de la ceinture de sécurité, situées en profondeur, afin de permettre le retour de l’armée libanaise comme mesure de confiance.
Au cours des dernières 24 heures, et dans l’attente de décisions politiques, l’armée israélienne a commencé à repositionner ses forces et à réorganiser ses unités déployées sur le terrain.
L’armée israélienne estime qu’il reste encore des combattants encerclés dans la zone de la ceinture de sécurité, qui s’étend sur environ 600 kilomètres.
Elle affirme qu’aucune restriction ne l’empêche de neutraliser les menaces visant ses forces, même si une grande partie des opérations prévues, notamment dans les hauteurs d’Al-Tayr, a été suspendue.
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