Les relations internationales en Afrique de l’Ouest ont connu un tournant spectaculaire après que le Burkina Faso a officiellement annoncé la rupture immédiate de ses relations diplomatiques avec la France.
Cette décision représente l’aboutissement de plusieurs années de tensions croissantes entre la capitale, Ouagadougou, et Paris, ancienne puissance coloniale et principal partenaire sécuritaire du pays jusqu’au coup d’État militaire de 2022.
Cette décision approfondit davantage le fossé entre les deux parties et soulève de nombreuses interrogations quant aux conséquences futures pour l’ambassade de France sur place ainsi que pour la sécurité des ressortissants étrangers.
Selon le conseil militaire au pouvoir au Burkina Faso, les raisons directes et officielles de cette décision résident dans les accusations selon lesquelles la France aurait adopté de nouvelles ambitions coloniales manifestes dans la région.
Les autorités militaires ont également accusé Paris, selon le Centre Pharos d’études africaines, d’apporter un soutien actif à des réseaux subversifs et terroristes visant à déstabiliser le pays, bien que le conseil militaire n’ait jusqu’à présent présenté aucune preuve publique pour étayer ces accusations.
De son côté, le ministre de la Communication du Burkina Faso, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a expliqué le contexte politique de cette décision en déclarant que les conditions fondamentales au renforcement des relations fondées sur le respect mutuel, la confiance mutuelle, ainsi que le respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et de la souveraineté nationale ne sont plus réunies entre les deux pays.
Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une série d’actions hostiles précédemment entreprises par le gouvernement militaire à l’encontre des diplomates étrangers. En 2023, la France a été invitée à rappeler son ambassadeur, tandis que le Coordonnateur résident des Nations Unies pour les affaires humanitaires a été expulsé. En 2024, trois diplomates français ont ensuite été expulsés, accusés de mener des activités subversives.
En réaction, la France a exprimé son profond regret. Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a qualifié cette décision d’hostile et d’injustifiée, estimant qu’elle reflète une orientation préoccupante des autorités burkinabè. Il a confirmé que Paris étudie actuellement les mesures de réciprocité nécessaires, tout en appelant les ressortissants français présents dans le pays à faire preuve de la plus grande vigilance en raison de la situation sécuritaire complexe liée à la lutte contre les groupes extrémistes affiliés à Al-Qaïda et à Daech.
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