Face à la hausse inquiétante des restrictions imposées à la liberté d’opinion et d’expression dans le monde, il est nécessaire de réaffirmer que la parole libre n’est pas un crime et que le journalisme indépendant n’est pas une menace, mais constitue un pilier essentiel de toute société aspirant à la réforme, à la stabilité et à l’État de droit. Le respect du droit à l’expression, garanti par les instruments internationaux des droits de l’homme, notamment ceux des Nations Unies et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, représente un véritable indicateur de l’engagement des États envers les valeurs de justice, de transparence et de responsabilité.
Sur cette base, cette déclaration du Forum international pour le journalisme et les médias exprime une position claire concernant les mesures prises à l’encontre d’un confrère journaliste, portant atteinte au cœur de la liberté professionnelle des médias et soulevant de sérieuses questions sur les garanties protégeant les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions. La solidarité avec la liberté d’opinion et d’expression n’est pas une position personnelle ou temporaire, mais un engagement de principe en défense du droit de la société à l’information et du droit du journaliste à exercer sa mission sans menace ni contrainte.
Le Forum international pour le journalisme et les médias a publié une déclaration officielle à ce sujet, dont voici le contenu :
Déclaration de solidarité et de condamnation des violations de la liberté d’opinion et d’expression
Le Forum suit avec une grande inquiétude et une vive condamnation les convocations répétées, les enquêtes prolongées et les menaces explicites de prison à l’encontre du journaliste mauritanien M. Mohamed Al-Hafedh Abdullah, chef du département de production audiovisuelle à la Radio mauritanienne, en raison de l’exercice de son droit professionnel à exprimer son opinion et de la publication d’un article portant sur des questions d’intérêt public.
Selon les informations disponibles, les convocations auprès des unités de la gendarmerie, les interrogatoires prolongés, l’exigence d’excuses pour le contenu de l’article journalistique et les menaces explicites de privation de liberté constituent une violation manifeste de la liberté d’opinion et d’expression et un dépassement grave des garanties constitutionnelles et des obligations internationales pertinentes.
Le Forum rappelle que la liberté d’opinion et d’expression est un droit fondamental garanti par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et protégé par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’un des instruments internationaux les plus contraignants pour la protection des libertés fondamentales, notamment la liberté de la presse et le droit des individus à critiquer la performance publique sans crainte ni intimidation.
Toute pression exercée pour contraindre un journaliste à s’excuser d’une opinion professionnelle dans le cadre du débat public constitue une atteinte grave à la vie politique et civile, affaiblit la confiance dans l’environnement des libertés et compromet le principe de l’État de droit.
En conséquence, le Forum international pour le journalisme et les médias :
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Exprime sa solidarité totale et inconditionnelle avec M. Mohamed Al-Hafedh Abdullah.
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Condamne fermement toute pratique visant à restreindre la liberté de la presse ou à intimider les journalistes en raison de leurs opinions.
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Demande l’arrêt immédiat de toutes formes de harcèlement ou de menace et la garantie de sa sécurité professionnelle et personnelle.
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Appelle au respect des obligations internationales relatives aux droits civils et politiques et à la protection de la dignité du travail journalistique.
Le Forum souligne également que si ces mesures ne sont pas levées pour garantir le respect complet de la liberté d’opinion et d’expression, il entreprendra des démarches auprès des instances internationales compétentes, notamment les organes des Nations Unies en matière de droits de l’homme, afin de les tenir responsables de leurs obligations légales et éthiques.
La liberté de la presse n’est pas un privilège accordé, mais un droit fondamental à protéger. La défendre, c’est défendre l’ensemble de la société et son droit à l’information, à la responsabilité et à la transparence.
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